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De ce côté du lit
Que son corps a creusé
Elle voit jouer sur le mur
Des reflets, des lueurs
Mais la nuit flotte encore
Refoulant les couleurs
Elle pèse au fond du lit
Du poids de ses douleurs
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De ce côté du jour
Qu'elle peine à gravir
Pêle-mêle, elle entasse
Amertume et prière
Un peu plus de douleur
A chaque anniversaire
Elle pèse au point du jour
De toute sa colère
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Quand elle ouvre les yeux
Il est toujours trop tôt
Mais le sommeil la fuit
Et l'espoir la soulève
Au rebord de la nuit
Quelquefois elle oublie
Et se prend à vouloir
Lui répéter son rêve
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Tous les jours, elle a vu
Son corps se transformer
Et dans ses yeux, intacts,
L'amour et le désir
Un souffle sur sa peau
Suffit pour qu'elle chavire
Elle pèse au point du jour
De trop de souvenirs
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Elle faut glisser sa main
Pour effleurer sa peau
Et laisse aller ses doigts
Qui aggrippent le drap
Elle n'entend pas son souffle
N'espère plus sa chaluer
Elle pèse au fond du lit
Du poids de ses douleurs |
De ce côté du vide
Qu'elle peine à emplir
La vie lui est aride
Impensable sans lui
Elle voudrait le haïr,
Ou s'enfuir, ou dormir
Elle voudrait peser
De l'autre côté du lit
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Elle pleure,
Ca fait dix ans qu'elle pleure
Obstinément niant à l'absence
Le pouvoir de se faire habitude.
Souvent, elle se plaint de solitude
Mais près d'elle le bruit de l'enfance
Ne comble pas le vide des heures
Souvent, elle se plaint du silence
Mais les mots sont souvent un peu rudes
Elle se ferme même à leur douceur |
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