Isabelle FAËS :
Copiée Collée

Autoproduction - © 1999

Copiée Collée / Quartiers / J’écrirai Sur Tes Draps / La Petite Marchande d’Amulettes / Champ de Blé Aux Corbeaux / Enveloppe / La Marelle / Entrelacs / Crise-Eclair / Litanies.
(36’ 40’’)

Un nouveau son, un nouveau ton, un nouveau nom… Isabelle Faës. Une femme décidée, libérée… Comme on les aime… Enseigner la musique au Lycée ne lui suffisait pas : son besoin d'épancher un basalte en fusion s'est matérialisé en un CD de chansons. Avec ses mots bien sentis, ses musiques attrayantes aux arrangements riches, et sa voix claire, de quoi nous parle-t-elle, la dame ?
Du désir des corps au féminin "La petite marchande d'amourettes / M'a fait miroiter que peut-être / Je pourrais faire ta conquête" (La Petite Marchande d'amulettes) ; "L'amour à la page / … Faisons-le sans détour" (Enveloppe) ; de la difficulté d'accorder les personnalités "Couchée dans ton lit très déshabillée, / Je n'ai pas su te décacheter." (Enveloppe) ; de l'exigence de responsabilité "D'avoir autant fait durer notre corps à corps /… n'oublie pas de faire un jour le choix" (J'écrirai Sur Tes Draps) ; "Garde-le ton désir / Si tu le brades ailleurs / Mais quand vas-tu lui dire / Qu'elle te fait plus bander / Sa petite vie plan-plan" (Copiée, Collée) ; des doutes qui paralysent "Entre les deux mon cœur balance /…Je ne sais pas quoi faire" (Entrelacs) ; de l'incompréhension des désirs de l'homme "La fille est là, elle te tend les bras, / T'offre ses seins, en proies déloyales / … Pauvre désir, petit plaisir" (Quartiers)… En fait, elle nous exprime - et avec quelle émotion dans la voix - que l'amour est indispensable malgré ses mirages et ses désillusions.

 

Mais pas seulement… Elle nous évoque aussi les affres de la création, qu'elle soit poétique "Tu n'as rien inventé, dans tes nuits appliquées, / Que fables tourmentées, toujours un peu trop noires" (Quartiers), ou picturale, dans un flash saisissant sur les fulgurants atermoiements de Van Gogh et de son frère Théo "Je ne dois pas trop exister, / J'ai besoin de ne pas peser, / Alors, je signerai : Vincent." (Champ de Blé aux Corbeaux). Elle nous fait enfin partager ses indignations, sur un crescendo poignant "Chaque jour cent nouveaux cris, / Et notre vieux monde assoupi / Ne compte même plus…" (Litanies).
Un tempérament, cette Isabelle Faës… Souhaitons lui un avenir moins virtuel que celui suggéré par ce visuel "copie d’écran" PC ornant la pochette. Un disque fascinant que l'on remet régulièrement sur la platine comme, en hiver, on se rapproche de l'âtre… A ne pas rater : tu prendrais froid à coup sûr !

Robin RIGAUT

Bien entendu, c’est un autoproduit. Alors, t’auras pas d’excuses, je te file l’adresse de la belle Isa :

 

VINYL n°30 – Avril – Mai – Juin 2001.
Page 26, à gauche.